Partie II : Le chant de la rivière, Chapitre quatorzième : Le parking
c'est là que le père est mort, c'est là que le fils attend, c'est la tombe sans stèle
c'est là que le père est mort, c'est là que le fils attend, c'est la tombe sans stèle
J'ai cinq ans. Le téléphone sonne, ma mère pleure sans bruit, une main posée sur le ventre où dort ma sœur qui n'est pas encore née. La grand-mère a été trouvée au fond du jardin, dans la mare. On ne cherche pas. On referme.
Sur la route du retour, Catherine s'arrête au bord de la rivière et attend la nuit. Les étoiles sont toutes de sortie. Et quelqu'un, dans la brise, lui souffle quelque chose qu'elle sait déjà.
Ce n'est pas l'insulte qui m'a fait pleurer. C'est la découverte qu'il n'y a de refuge nulle part.
Le regard de l'autre ne dit pas seulement je te vois. Il dit vois-toi.
La pluie s'est arrêtée. Catherine monte seule vers une église des fées sur le Tanargue et redescend dans les bras de Fabrice. Quelque chose vient de commencer, et personne ne sait encore quoi.
Culpabiliser quelqu'un, c'est réveiller la terreur ancienne de l'enfant qui a eu peur d'être abandonné.
À quatorze ans, j'entre dans une chambre d'hôpital et trouver ma mère sans voix, le cou ouvert d'une plaie longue. Ne pas reculer. Comprendre, bien plus tard, que c'est là qu'une vocation est née.
Lascombe court après ce qu'il croit posséder. Châtaigne se noie dans ce qu'il a perdu. Et la rivière, dehors, continue de monter, comme si elle n'avait pas encore dit son dernier mot.
Dix ans dans l'ombre d'un cabinet, puis un jour une fiche, des étoiles, des inconnus qui vous notent comme un restaurant. Sur ce que l'exposition fait à qui a choisi le secret, et sur l'écriture comme seule façon de reprendre la parole.
Le docteur Châtaigne s'endort devant sa télé et se réveille en sursaut. Quelqu'un a écrit un roman sur Vallon. Tout le monde en prend pour son grade. Et les notifications s'accumulent sur son téléphone.
quand les lecteurs prennent la parole !!!